A l'heure européenne

José Bové, candidat aux élections européennes dans le Sud-Ouest a déclaré à Télérama le 10 avril qu’Europe écologie « mène une campagne sur des thèmes européens, une campagne qui, elle au moins, ne prend pas les citoyens pour des gogos ».

Et pourtant…notre Astérix national battant la campagne a lancé, mercredi 15 avril, qu’il fallait réunir « une assemblée constituante » et proposer un nouveau traité qui serait ratifié à la majorité, le même jour dans tous les pays. « Et si un État vote contre, un second vote pourrait être proposé aux citoyens pour leur demander s’ils veulent toujours rester dans l’Europe », a ajouté l’altermondialiste.

Mais les « gogos » ont déjà eu leur assemblée constituante en 2004 avec la Convention sur l’avenir de l’Europe présidée par l’ancien président français, Valérie Giscard d’Estaing. Or, à la question : pour ou contre la Constitution européenne, les Français ont bien répondu non !

Et sans Traité de Lisbonne, à ce jour pas encore ratifié par tous, difficile de sortir de l’Europe par la porte. Le traité de Nice actuellement en vigueur ne prévoit en effet pas cette option…Reste la fenêtre alors ?

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Comments

  1. Pour une fois vous ne faites pas un post sur l’UMP… (vous êtes subventionnés ou encartés ?).
    Si vous étiez un minimum rigoureux et honnête vous reconnaitriez que la convention était tous sauf une assemblée constituante. Ce n’est pas le parlement qui a proposé la constitution. La ratification ne s’est pas fait à l’échelle européenne le même jour par référendum.
    Quand à europe écologie se sont les seuls a avoir sortis leur programme complet à ce jour. Vos amis de l’UMP n’ont même pas bouclé leur listes à moins de deux mois de l’élection (ils ont déjà les candidats aux régionales de mars 20010). Le PS et l’UMP n’ont pas sorti l’esquisse d’un début de proposition.

  2. L’idée de José Bové n’est pas mauvaise – et a des accents fédéralistes qu’il n’envisage peut-être pas. La convention sur la déclarations des droits de 2000, puis celle sur l’Avenir de l’Europe de 2004, ont été un premier pas vers l’organisation d’une véritable assemblée constituante, dont les membres devraient être désignés sur une double base: des représentant des exécutifs nationaux désignés directement par ces derniers (nombre identique pour chaque Etat membre); des représentants des peuples, dont le nombre seraient proportionnels à leur population et leur PIB (afin de compenser le désavantage de taille de plusieurs petits pays).
    Le mandat: doter l’Union d’une nouvelle charte constitutionnelle.
    Et pour aller au bout de la logique, deux conditions à remplir:
    – le texte adopté par la Constituante ne devrait pas repasser par la moulinette d’une conférence de chefs d’Etat ou de gouvernement;
    -le texte adopté par la Constituante devrait entrer en vigueur sitôt ratifié par une majorité qualifiée d’Etats membres. Et pas besoin d’un autre referendum en cas de vote négatif d’un Etat. S’il vote non, il ne participe pas au nouveau dispositif et des relations étroites sont organisées entre la nouvelle Union et lui (un peu comme ce qui se passe entre l’Union et les pays membres de l’Espace économique européen).

    Mais, bon, en même temps, sauf révolution, une telle perspective semble difficile à
    moyen terme. Avec l’éventuel enterrement (bis) du traité de Lisbonne, d’aucuns peuvent espérer des lendemains qui chantent et un entrain nouveau en faveur d’une refonte de l’Europe (mais dans quel sens? plus sociale? plus libérale? plus plus? ou moins moins?) La crise économique invite à développer de nouveaux mécanismes renforçant la solidarité et l’encadrement des activités économique. En même temps, le débat autour du (non) plan de relance européen a montré que (1) tout le monde ne voit pas le mur devant lequel on se trouve et (2) et que même devant le mur, beaucoup sont prêts à s’en accomoder… en y perçant des petits trous ou en le repeignant. C’est bien aussi. D’après les sondages, le bricolage est de plus en plus à la mode…

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